Les bases de la retouche avec Lightroom

 

Bienvenue dans cet article qui va vous donner les bases pour commencer à retoucher vos photos avec Lightroom.

Lightroom est sans doute le logiciel de retouche photo le plus utilisé au monde. C’est un logiciel qui sert à retoucher ses photos de manière non destructive (c’est à dire que les fichiers de base ne sont pas écrasés et que la photo originale est toujours disponible) mais aussi à les organiser et à les classer dans des catalogues.

Dans cet article, je vais m’intéresser uniquement à la partie retouche d’image, c’est à dire le module développement. Je m’adresse ici aux débutants, je vais donc m’efforcer de bien détailler chaque étape.

Toutes les images de cet article seront des captures d’écran de Lightroom CC 2016. Ma version de Lightroom est en anglais, mais à chaque fois que je parle d’une fonction je mets les deux langues pour que vous ne soyez pas trop perdus. Si vous avez une version antérieure de Lightroom ou même un logiciel gratuit, vous remarquerez que si la mise en page est légèrement différente, les fonctions sont les mêmes. Cet article va donc également vous permettre de découvrir les bases de n’importe quel logiciel de retouche, comme Rawtherapee par exemple. C’est parti !

 

L’import

Pour commencer à travailler sur vos photos il faut d’abord les importer sur Lightroom. Pour cela rendez-vous dans l’onglet Bibliothèque (Library)(1), puis cliquez sur Importer (Import) (2). Pour que la retouche soit plus fluide, je suggère de créer des aperçus 1:1 dès l’importation des images (Built preview) (3). L’importation va être (beaucoup) plus longue, ça vous donnera le temps d’aller boire un café, mais le travail sur les photos sera plus aisé par la suite. Une fois que vous avez sélectionné vos photos, cliquez sur à nouveau sur Importer (Import) (4)

Initiation à la retouche avec Lightroom

Initiation à la retouche avec Lightroom

L’onglet Bibliothèque permet aussi de faire du tri dans ses photos et d’organiser ses dossiers sous forme de catalogue. Mais je ne vais pas m’étendre là dessus dans cet article. Maintenant que vous avez une série de photos importée dans LR, sélectionnez une image et passons à l’onglet Développement (Develop) (5).

 

l’onglet Développement

L’onglet développement est constitué de 4 blocs :

  1. La colonne de gauche (6) ou se trouvent l’aperçu, les presets et l’historique
  2. La pellicule en bas (7) qui contient toutes les photos de la sélection
  3. Les différents modules de réglages (8)
  4. L’image (9)

 

Initiation à la retouche avec Lightroom

 

Ce qui est bien, c’est que l’interface est assez personnalisable. Quand je retouche une photo et que je veux avoir une meilleure vue de mon image, je réduis une bonne partie des outils pour ne garder que l’image et les modules de réglages, ce qui rend le travail plus agréable.

 

 

Lightroom étant vraiment un logiciel complexe, on va se focaliser dans cet article sur les retouches basiques. Pour cela on va regarder d’un petit peu plus près la partie en haut à gauche (10). On y trouve de haut en bas un histogramme, différents outils et les paramètres de retouche basiques (quand on appuie sur la petite flèche, les paramètres se déroulent).

 

L’histogramme

Un histogramme (histogram) est un graphique représentant la répartition des pixels en fonction de leur luminosité. C’est un outil intéressant, car il permet de voir si notre photo comporte des pixels cramés (c’est-à-dire des pixels complètement blancs) ou des pixels bouchés (c’est-à-dire des pixels complètement noirs).

Et à quoi ça nous sert de savoir si on a des pixels cramés ou bouchés ?

Une zone cramée sera 100% blanche, sans aucune nuances, détails ou contrastes, ce qui est en général dommageable pour notre image (ça rend l’image un peu « plate » à mon gout). Si on veut une image bien contrastée, on va chercher à avoir des zones très foncées mais pas bouchées, et des zones très claires mais pas cramées. C’est grâce à l’histogramme que l’on peut vérifier ça. Essayez de modifier l’exposition de votre photo pour observer l’effet directement sur l’histogramme.

Histogramme de la photo précédente. On peut constater tout à droite que la courbe comporte des pixels cramés, mais heureusement pas beaucoup.

Il s’agit d’un outil assez complexe donc on ne va pas aller plus loin sur l’histogramme pour l’instant, histoire de garder cet article à un niveau débutant. 🙂

 

Les outils

En dessous de l’histogramme, on trouve les différents outils.

L’outil recadrage (A) permet de redresser et de recadrer la photo. Pour un horizon parfaitement droit utilisez le petit outil (G) pour sélectionner une ligne horizontale ou verticale, Lightroom se chargera comme un grand de redresser la photo. Vous pouvez ensuite recadrer si besoin, soit librement soit selon un ratio prédéfini.

 

Le correcteur (B) sert à corriger de petits défauts. Il remplace une partie de la photo par une autre, donc si par exemple on veut retirer un bouton sur une peau on clique avec cet outil sur le bouton et il est remplacé par de la peau copiée à côté. C’est très pratique pour des retouches rapides sans passer par Photoshop.

Ici je souhaite enlever la trace de l’oreille percée sur ce portrait. Je zoom a fond, sélectionne le défaut, et le logiciel duplique une autre partie de l’oreille pour remplacer la zone voulue.

 

L’outil correcteur d’yeux rouges (C) sert, comme son nom l’indique, à corriger les yeux rouges.

 

Les trois autres outils présents dans cette barre sont des outils de retouche locale. Ils nous permettent d’effectuer des retouches (luminosité, contrastes, etc.) mais uniquement à un endroit précis de la photo. Pour cela vous pouvez utiliser un filtre gradué (D) (qui sépare l’image selon une ligne droite), un filtre radial (E) (pour faire des ronds et des ovales) et un pinceau (F) (pour retoucher précisément où vous en avez envie).

Ici j’ai utilisé la retouche locale pour pousser la luminosité à fond sur certaines parties de la photo. Bon c’est horrible, mais c’est pour l’exemple ! 🙂 J’ai utilisé un filtre gradué sur le haut de la photo, et un pinceau pour faire un zigzag en bas.

 

Attention, comme toute retouche, la retouche locale doit être légère ! Si votre luminosité est très forte à un endroit de votre photo et très faible à un autre, cela se verra et ne fera pas naturel. A utiliser donc avec parcimonie.

 

Les réglages

Et enfin, sous l’onglet réglages de base (basic) on trouve les réglages à proprement parler.

On trouve dans l’ordre :

  • Le choix de retoucher en couleur ou en noir et blanc (Color / Black & White).
  • La température de couleur (Temp). C’est ce qui va déterminer si votre photo va avoir des couleurs chaudes (dans les jaunes et oranges) ou froides (dans les bleus). Toucher à ce paramètre va considérablement modifier l’ambiance d’une photo. Souvent les photos prises en intérieur sont un peu trop jaunes, c’est en diminuant un peu la température qu’on peut rattraper ce défaut.

La même photo avec à gauche une température de couleur beaucoup trop froide (2952) et à droite une température de couleur beaucoup trop chaude (16917). Pour ma photo, j’ai choisi une valeur entre les deux, 5500.

 

  • La teinte (Tint). Détermine la teinte dominante de votre photo. A utiliser avec précaution sous peine de résultats peu naturels
  • L’exposition (Exposure). Permet d’ajuster la luminosité de la photo.

Avant et après l’augmentation de la luminosité

  • Le contraste (Contrast). Permet d’ajuster les contrastes de la photo. Plutôt évident, non ?

Avant et après l’augmentation du contraste.

 

  • Les hautes lumières, les ombres, les blancs et les noirs (Highlights, Shadows, Whites, Blacks). Ces quatre paramètres vont vous permettre d’ajuster précisément la luminosité de la photo mais en n’agissant que sur certains groupes de pixels. Les hautes lumières sont les pixels les plus clairs, ensuite viennent les blancs, puis les ombres, et enfin les noirs pour les pixels les plus foncés. Ces quatre curseurs s’utilisent souvent ensemble pour un traitement personnalisé des contrastes. Pour ma part j’aime bien diminuer les noirs pour avoir une image bien contrastée, tout en augmentant les ombres pour ne pas trop perdre de détails dans les zones foncées. Tout est affaire de finesse et de goûts.

 

  • La clarté. Il s’agit en fait de micro-contraste, c’est-à-dire le contraste mais au niveau des petits détails (grain de peau, herbes, etc.). Je l’utilise beaucoup en noir et blanc, un peu moins en couleur.

Deux versions Noir et blanc de la photo. Dans la première, la clarté est à 0. Dans la seconde la clarté est à +81. C’est un bon moyen de donner un peu de pep’s à ses photos, mais il ne faut pas en abuser.

 

  • La vibrance et la saturation. Ces deux réglages permettent d’ajuster les couleurs. La différence est que la saturation agit sur toutes les couleurs à la fois alors que la vibrance n’agit que sur certaines couleurs. On peut pour mieux comprendre se dire que la vibrance est une « saturation intelligente ». Je préfère utiliser la vibrance pour éviter l’effet fluo que donne la saturation, notamment sur les tons de peau, mais il faut parfois jouer avec les deux pour obtenir des couleurs bien éclatantes si c’est le but recherché. Ces deux réglages ne sont pas accessible en mode noir et blanc, ce qui est logique étant donné qu’ils agissent sur les couleurs.

Toujours la même photo. La version de gauche est très désaturée (-62), elle se rapproche presque d’un noir & blanc (et oui une saturation à -100 donne une image N&B). La version de droite est très saturée (+74), elle ne fait pas du tout naturelle.

 

 

En utilisant tout ça vous avez déjà pas mal de possibilités pour retoucher votre photo. Il peut être intéressant de cliquer sur le bouton AUTO (H) juste avant de commencer ses propres retouches, ça peut parfois être pas mal, ou en tout cas donner une bonne base de travail. Si c’est moche, réinitialisez et repartez de zéro c’est plus sûr.

 

Au niveau de la retouche, Lightroom possède bien plus de fonctionnalité que les quelques-une que je vous ai présentées juste ici. On peut notamment pousser plus loin le travail sur les couleurs, redresser les perspectives, accentuer les détails, activer les profils de correction des objectifs, et pas mal d’autres choses encore.

Mais pour débuter, concentrez-vous sur les réglages de base pour bien les approfondir et comprendre comment ils fonctionnent. Soyez conscient que les réglages ont des interactions entre eux. Par exemple augmenter le contraste augmente aussi la saturation, du coup on peut vouloir compenser négativement la saturation pour rattraper. Le tout est une question d’équilibre et de dosage. Il faut faire des essais, tâtonner, jusqu’à trouver quelque chose qui nous plait.

 

 

L’export

Une fois votre photo à votre goût, vous pouvez l’exporter. Pour cela il suffit de sélectionner Fichier (File) puis Exporter (Export). Choisissez vos paramètres d’export et c’est parti. Si vous voulez essayer une autre type de traitement, comme par exemple voir ce que ça donnerai en noir et blanc, vous pouvez recommencer et importer à nouveau en spécifiant d’utiliser des noms uniques pour ne pas écraser l’export précédent.

Deux traitements différents de la même photo prise quelque part dans la Pampa en Argentine… lequel préférez-vous ?

 

Avant de terminer, je voudrais revenir rapidement sur la manière de fonctionner de ce logiciel. Lightroom ne touche jamais à la photo originale ! Lorsque que vous faites des réglages (recadrage, couleurs, luminosité, etc.), il enregistre ces réglages dans un fichier dédié (un fichier .xmp). Si vous voulez utilisez une photo retouchée, il va falloir l’exporter de Lightroom vers votre disque dur. Lors de l’export Lightroom va appliquer les réglages du fichier XMP pour créer un nouveau fichier Jpeg (ou tiff, ou autre) mais sans écraser la  photo originale. C’est-à-dire qu’il est toujours possible de retrouver le fichier original de la photo (RAW ou Jpeg) pour reprendre à zéro et essayer une autre retouche. On dit que Lightroom retouche les photos de manière non destructive. Ce qui n’est pas forcément le cas d’autres logiciels comme Photoshop par exemple.

 

Trois remarques pour finir :
  1. Essayer, pratiquez. Essayez plusieurs traitement sur la même photo, faites des exports et comparez. Il faut plusieurs dizaines d’heures de pratique pour se sentir bien a l’aise avec le logiciel, Lightroom ou autre.
  2. Soyez léger dans vos retouches. Souvent les débutants ont tendance à avoir la main un peu lourde quand ils découvrent la retouche photo. Soyez toujours mesurés, surtout avec les couleurs. Si votre photo commence à ressembler à un bad trip sous acide, c’est mauvais signe.
  3. La retouche ne permet pas de récupérer une image ratée. Si une photo est mal composée ou floue, prenez votre appareil et recommencez. Lightroom ne fait pas de miracles, et il est de toute façon toujours plus rapide de faire les choses bien dès la prise de vue.

 

C’est la fin de cet article, j’espère qu’il vous aura plu. C’est la première partie d’une série d’article sur Lightroom, je voulais rester assez basique pour le premier article, dans les suivants on entrera dans les détails ne vous inquiétez pas ! 🙂

En attendant si vous avez des questions sur l’utilisation de Lightroom ou d’un autre logiciel de retouche, posez-les en commentaire et j’y répondrai de mon mieux. Bonnes retouches !

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