Qu’est ce que l’hyperfocale ?

apprenti photographe apprendre la photo hyperfocale

Dans certaines situations, comme par exemple en photo de paysage ou en reportage, il peut être utile d’avoir le plus de netteté possible sur sa photo, pour que tout (ou presque) soit net. Dans ces cas là, il existe une notion très utile, l’hyperfocale (on dit aussi distance hyperfocale). Si vous ne savez pas ce que c’est, ou si vous avez déjà entendu parler de l’hyperfocale mais que la notion n’est pas très claire pour vous, ne bougez pas, vous êtes au bon endroit ! 🙂

 

Dans cet article, on va parler de profondeur de champ. Si vous êtes tout juste débutant, la profondeur de champ désigne « l’épaisseur » de la zone nette lorsqu’on prend une photo. On peut influer sur la profondeur de champ en modifiant l’ouverture du diaphragme. Pour bien tout comprendre, je vous propose, avant d’aller plus loin, de lire ces deux articles qui sont des prérequis :

Si vous êtes à l’aise avec la notion, tant mieux 🙂 C’est parti !

 

1. L’hyperfocale, qu’est ce que c’est ?

La définition la plus claire que j’ai trouvée de l’hyperfocale est celle-là :

La mise au point faite sur l’hyperfocale, permet d’obtenir la plus grande plage de netteté qui s’étend alors de la moitié de cette distance à l’infini.

J’avoue que ce n’est pas encore très clair… En gros, la distance hyperfocale est la distance à laquelle on va faire la mise au point pour avoir la plus grande zone nette possible, de l’avant plan à l’infini.

Pour expliquer encore un peu mieux, voici un schéma :

apprenti photographe hyperfocale profondeur de champ

C’est en fait assez simple. Pour chaque couple Objectif + Focale, il existe une distance de mise au point idéale pour avoir la zone nette la plus grande possible, et on appelle ça la distance hyperfocale. Quand on fait la mise au point à cette distance, les éléments de la photo sont nets de la moitié de cette distance jusqu’à l’infini. Autrement dit presque partout si on utilise une ouverture suffisamment faible !

Par exemple avec mon 23 millimètre Fuji à f/8, si je fais la mise au point à 2,8m je peux considérer que tous les éléments entre 1,4m et l’infini vont être nets, soit à peu près toute ma photo. Plutôt pratique, non ?

 

2. L’hyperfocale, quand est-ce que c’est utile ?

L’hyperfocale est particulièrement utile dans deux types de situations :

A. Vous voulez que la zone nette de votre photo soit la plus grande possible, comme lorsque vous prenez en photo un paysage par exemple. Dans ce cas là, il suffit de fermer un maximum son diaphragme (pour augmenter sa profondeur de champ), calculer la distance hyperfocale correspondante et faire la mise au point dessus. Il peut être pratique d’utiliser la mise au point manuelle, pour ne pas perdre sa distance de mise au point une fois qu’elle est réglée. De cette manière, vous êtes sûrs d’avoir la zone nette optimale.

Sur mon 23 mm Fuji à f/16, la distance hyperfocale est de 2,44m. Quand je fais la mise au point à cette distance, tout ce qui est à plus de 1,22m de moi est net, et ce jusqu’à l’horizon.

 

B. Vous êtes dans une situation où il est difficile de faire la mise au point. Que ce soit en photo de rue ou en reportage, les différents sujets n’ont pas forcément une trajectoire prévisible. Il faut parfois réagir très vite pour saisir un instant décisif, et on n’a pas forcément le temps de faire la mise au point précisément sur le sujet. Dans ce cas aussi on choisit une grande ouverture, on se règle sur l’hyperfocale et c’est bon, on est sûr que quasiment tout sera net. On peut donc se balader et prendre des photos sans même devoir réfléchir à la mise au point. Encore une fois, c’est plutôt pratique ! 🙂

Cette technique est d’autant plus utile pour les objectifs qui n’ont pas d’autofocus, car ça permet d’éviter de devoir faire la mise au point avant chaque photo. On règle la map (mise au point) une bonne fois pour toute et on ne s’en occupe plus !

 

apprenti photographe apprendre la photo hyperfocale

L’hyperfocale, bien utile en paysage…

 

3. L’hyperfocale, comment l’utiliser ?

Et sur le terrain, comment ça s’utilise l’hyperfocale ? Parce que c’est bien gentil mais ça a l’air compliqué ce truc, j’ai pas envie de réfléchir une heure avant de prendre une photo moi..!

L’hyperfocale dépend d’un certain nombre de paramètres : taille de capteur, focale, ouverture (et même la marque de l’appareil photo si on veut un calcul très précis, car les cercles de confusion sont légèrement différents. Mais bon, moi je suis plutôt du genre à faire ça “à la louche” 🙂 ). Si vous voulez connaître la formule exacte du calcul de l’hyperfocale, je vous renvoie à la page Wikipédia sur le sujet. Pour aller plus vite, on va utiliser un calculateur en ligne (comme celui-là ou encore celui-là) qui fait le calcul pour nous. Je sais qu’il existe aussi des applis mobiles qui font ces calculs si ça vous intéresse d’avoir toujours un calculateur d’hyperfocale sur vous.

 

Mise en situation. Vous êtes en balade avec votre appareil, au soleil, et vous avez besoin d’utiliser l’hyperfocale pour prendre une photo du paysage. Commencez par fermer votre diaphragme, à f/8 ou plus (le concept de l’hyperfocale marche avec toutes les focales, mais comme le principe est de maximiser la netteté, cela n’a pas beaucoup de sens de le faire à grande ouverture…). Puis plusieurs solutions s’offrent à vous :

  1. Vous la calculez (à la main si ça vous chante ou grâce à votre appli ça va quand même plus vite), puis vous passez votre appareil photo en map manuelle, vous faites la map à la bonne distance (certains objectifs ont des graduations, sinon vous avez sûrement un menu dans votre appareil sur lequel il y a des graduations), puis vous prenez vos photos sans plus toucher à rien !
  2. Vous déterminez vous même l’hyperfocale grâce à une petite expérience. Faites une première photo en faisant la mise au point à l’infini. Puis repérez sur cette photo le point net le plus proche de vous, et refaites une photo en faisant la map sur ce point. Ne touchez plus à rien, vous avez trouvé votre distance hyperfocale ! (Pensez à débrayer la map auto ou vous allez la perdre dès la prochaine photo)

 

Personnellement j’utilise plutôt la deuxième technique, c’est un peu approximatif mais assez efficace et surtout super rapide. Ça me permet d’optimiser ma profondeur de champ quand je prends en photo des paysages, sans trop me prendre la tête ! Ça permet (entre autres) de faire des photos de paysage en intégrant un premier plan net, c’est plutôt sympa ! 🙂

 

Dernière petite astuce, quand je suis en mode mise au point manuelle sur mon Fuji X-T2, j’ai une échelle qui indique la zone de netteté, ça permet aussi de déterminer l’hyperfocale en un coup d’œil ! J’imagine qu’on retrouve ça sur les autres marques, mais je ne peux pas vous l’affirmer ! 🙂

Ça ressemble à ça : en bas de l’écran il y a une échelle de mise au point, et en bleu est indiquée la zone nette.

 

A retenir :

  • L’hyperfocale est la distance de map (mise au point) pour laquelle on maximise la zone nette.
  • On l’utilise pour avoir une profondeur de champ maximale ou pour ne pas avoir à se soucier de la mise au point.
  • On peut la calculer précisément ou la déterminer de manière empirique.

 

Voilà, j’espère que cet article vous aura plu et que le concept ardu de l’hyperfocale n’a plus de secret pour vous !

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