Comment faire des photos bien nettes : 7 astuces

 

Pour faire une bonne photo, on cherche en général à avoir un sujet net. C’est un peu la base de la base, si votre photo est complètement floue et que les personnages ne sont même pas reconnaissables, c’est difficile de la considérer comme une photo réussie ! 🙂

Pour savoir faire des photos nettes, il faut déjà comprendre les causes du flou. Je divise le flou en 3 catégories (on pourrait en trouver plus mais on simplifie, pas la peine de trop pousser dès le début 😉 ) qui sont les suivantes :

  • Flou de bougé : ça c’est quand le photographe bouge !
  • Flou de mouvement : ça c’est quand le sujet bouge !
  • Flou de mise au point : ça c’est quand la mise au point est faite n’importe comment !

Maintenant qu’on est d’accord sur ce qui peut faire que vos photos sont floues, on va voir comment y remédier. Je vous livre ci-dessous 7 astuces pour faire des photos nettes, et je mets entre parenthèse sur quel type de flou cela agit.

 

1. Bien tenir son appareil photo (flou de bougé)

Ça peut paraître trivial comme ça mais si on a la main qui tremble pendant qu’on prend une photo, il y a plus de chances qu’elle soit floue. Donc on fait l’effort de bien tenir son appareil à deux mains, et si possible on utilise le viseur à la place de l’écran (en faisant contact avec l’appareil ; le front offre un troisième point de contact et donc une plus grande stabilité).

 

2. Être stable (flou de bougé)

Une fois qu’on a son appareil photo bien en main, il faut soi-même être stable. Selon les situations, on peut rester debout, s’appuyer contre un mur, et retenir sa respiration au moment de déclencher. Enfin bref, pas besoin de vous faire un dessin, si vous êtes sur un pied les yeux bandés, c’est clair que c’est plus compliqué d’être bien stable !

Et pour être vraiment parfaitement stable, le must, c’est bien sûr le trépied. Là on est sûr de ne plus avoir de flou de bougé même avec une vitesse d’obturation très lente. Et n’oubliez pas qu’un muret, une poubelle ou un sac à dos peuvent très bien servir de trépied improvisé, soyons créatifs !

 

3. Utiliser un objectif stabilisé (flou de bougé)

Et enfin, pour aller encore plus loin, l’utilisation d’un objectif (ou d’un boitier) stabilisé est bien entendu un plus. Mais ne vous focalisez pas là-dessus, vous pouvez déjà faire des photos parfaitement nettes avec votre objectif du kit non stabilisé. Mais si vous avez du mal à obtenir des photos parfaitement nettes, cela peut être un critère de choix lors de votre prochain achat.

 

4. Bien choisir sa vitesse d’obturation (flou de bougé / flou de mouvement)

On arrive au point selon moi le plus important. La vitesse d’obturation, c’est le temps pendant lequel l’obturateur reste ouvert pour laisser entrer la lumière. Plus il reste ouvert pendant un long moment, plus le sujet (ou le photographe) a le temps de bouger dans l’intervalle. Je ne vais pas revenir plus longuement là-dessus, j’ai déjà écrit un article sur le sujet que je vous invite à aller lire pour en savoir plus sur la vitesse d’obturation.

Mon conseil pour éviter le flou de bougé est de toujours avoir une vitesse d’obturation égale à au moins 1,5X votre longueur focale. Si vous avez un objectif de  50mm, ne shootez pas à moins de 1/75ème de seconde, si vous avez un 90mm, choisissez une vitesse de 1/135ème de seconde ou plus. Plutôt facile à retenir, non ? 🙂

Si vous êtes obligé de choisir une vitesse plus faible, ça ne veut pas dire que votre photo sera forcément floue. Vous pouvez compenser en faisant attention à être particulièrement stable, voire même en utilisant un trépied comme expliqué plus haut.

Il va aussi falloir choisir sa vitesse d’obturation en fonction du sujet. Si on veut figer le mouvement, il faudra une vitesse d’autant plus haute que le mouvement est rapide. Voici quelques exemples :

  • 1/125 : un homme qui marche
  • 1/500 : un homme qui court
  • 1/2000 : une voiture de course
  • 1/4000 : le battement d’une aile de colibri

 

Photo prise à 1/1000 sec, pour que tous les sujets soient bien nets.

 

5. Bien faire la mise au point (flou de mise au point)

Bien faire la mise au point est essentiel pour que votre sujet soit parfaitement net. Pour ça, je vous conseille de ne pas laisser l’appareil faire la mise au point selon son bon vouloir. Choisissez vous-même un seul collimateur de mise au point, et visez le point le plus important de votre sujet (sur un portrait par exemple, on fait la mise au point sur l’œil).

Il peut arriver que l’objectif ait du mal à faire la mise au point, qu’il patine un peu. Dans ce cas, deux solutions : soit vous déplacez un peu votre zone de mise au point pour la placer sur une zone plus contrastée (l’autofocus se fait entre autre grâce aux contrastes), soit vous passez en focus manuel – ce qui demande une certaine habitude.

Bien faire sa mise au point, ce n’est pas aussi facile qu’il n’y paraît… Entraînez-vous à changer de collimateur, ou à faire la mise au point avec le collimateur central puis ensuite décaler pour recomposer votre photo. Après quelques essais, ça viendra !

 

Il existe également certaines contraintes matérielles qui, sans créer du flou à proprement parler, diminue la sensation de netteté. Je vous explique ça…

 

6. Le choix de l’ouverture

La plupart des objectifs ont une ouverture variable. L’ouverture a bien sûr une influence sur la profondeur de champ, mais ce n’est pas ici le sujet. Pour avoir une netteté maximum (on parle du “piqué” de l’objectif), il ne faut pas utiliser les ouvertures les plus grandes (c’est à dire les chiffres les plus petits). En effet, à grande ouverture, l’objectif ne délivre pas le maximum de sa qualité. Sur un objectif qui ouvre de f/1.8 à f/22, le piqué maximal sera autour de f/8 (variable selon les objectifs).

Il sera aussi tout à fait acceptable à f/4, et il n’est même pas interdit d’utiliser votre objo à f/1.8 (!) mais si vous zoomez sur l’image, vous verrez une petite différence de netteté.

 

7. Ne pas utiliser des ISO trop élevés

Comment je l’ai déjà expliqué en détails dans l’article sur la sensibilité ISO, le fait d’augmenter les ISO crée du bruit sur la photo. Trop de bruit peut donner l’impression d’une photo pas très nette. A vous donc de garder une sensibilité ISO suffisamment faible pour que le bruit reste acceptable. La valeur limite est différente en fonction de vos goûts et de votre appareil photo. Pour vous donner un repère, je pense que globalement avec un boitier pas trop vieux jusqu’à 1600 ISO c’est acceptable, avec des ISO supérieurs, ce sera très bruité. Mais ne vous focalisez pas trop sur les ISO, mieux vaut un peu de bruit qu’un gros flou de bougé !

Une photo plein de bruit numérique… pas terrible hein ?

 

Pour finir, je veux insister sur le fait qu’une photo floue reste floue ! Désolé de dire des choses aussi évidentes, mais je vois souvent de gens essayer de rattraper leur photos floues sur LR ou un autre logiciel. Mais c’est peine perdue… recommencez !

Et attention, je n’ai pas dit qu’une photo floue était forcément une photo ratée hein, le flou bien utilisé est un super outil créatif ! Mais ce sera le sujet d’un prochain article… 😉

 

 

Et voilà, maintenant vous connaissez tous mes secrets pour faire des photos parfaitement nettes !

 

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7 commentaires

  1. Une petite correction sur cette affirmation « l’autofocus se fait entre autre grâce aux contrastes » qui n’est vraie qu’en mode LiveView. Quand on photographie à travers le viseur (historiquement tous les réflex, pas les hybrides avec viseur numérique) la map se fait par détection de phase et non de contraste.

    1. Oui et non. C’est un peu plus complexe que ça. Encore faut il comprendre ce que signifie « détection de phase ».
      L’autofocus a mesure de contraste, qui utilise uniquement le contraste pour faire la mise au point, est effectivement présent en liveview uniquement.
      L’autofocus à détection de phase (aussi appelé autofocus à contraste de phase) fonctionne lui comme un télémétrique, c’est a dire qu’il « découpe » en deux l’objectif et analyse des rayons issus de ces deux moities pour permettre a l’appareil de calculer la distance. Du coup s’il y a zéro contraste l’appareil ne peut rien analyser car il ne voit pas de différences entre les deux parties et donc il ne peut pas calculer la distance.
      Pour faire l’expérience par vous même, utilisez le viseur de votre reflex et essayer de faire la map sur une mur parfaitement blanc ou sur un ciel sans nuage… bonne chance ! L’appareil a tout de même besoin d’un minimum de contraste.
      Il y aura prochainement un article complet sur le blog pour expliquer tous les secrets de l’autofocus ! 🙂

  2. Merci pour cet article très intéressant.
    Mais j’ai un problème. Souvent, pour pas dire toujours, j’ai l’impression que mes photos sont nettes mais quand je zoom, sur une petite partie de cette photo je vois que ma photo n’est pas nette à 100%. Je ne sais pas pourquoi

    1. Cela peut être du a plein de facteurs différents : qualité de l’appareil et surtout de l’optique, temps d’exposition trop long, sensibilité trop poussée, flou de mouvement, mise au point pas faite exactement au bon endroit, profondeur de champ trop faible… plein de pistes a explorer Josiane 🙂

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