Comment gagner de l’argent avec les microstocks photo

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J’ai décidé de commencer une série d’articles pour creuser un petit peu plus en profondeur les différents moyens de gagner de l’argent grâce à la photo. L’idée est de faire à chaque fois quelques essais de mon côté pour pouvoir expérimenter par moi-même et voir comment chaque méthode fonctionne. Je n’aurais pas le temps de pousser à fond toutes les expériences, mais je pense qu’il sera tout de même intéressant de constater  « en vrai » comment marchent les différentes manières de gagner de l’argent avec la photo, au-delà des idées reçues sur la question. C’est vraiment l’idée globale de ce blog : essayer des choses différentes et vous faire un retour honnête dessus.

Pour le premier article de la série, je vais essayer de vendre quelques photos sur des microstocks. C’est parti.

 

C’est quoi un microstock ?

Les microstock sont des banques d’images en ligne qui ont la particularité de contenir un très grand nombre d’images (plusieurs millions pour les plus grandes) et de les proposer très peu chères. N’importe qui peut proposer ses photos sur un microstock, et on peut penser que c’est une bonne manière de commencer à gagner un peu d’argent avec ses photos…

Il existe un très grand nombre de microstocks différents et les règles changent d’un site à l’autre mais globalement ça marche comme ça :

  • Il faut se créer un compte et être accepté avant de soumettre ses premières photos
  • On touche autour de 1€ par photo vendue, voire moins
  • Plus on vend, plus les commissions augmentent
  • On peut vendre autant de fois qu’on veut la même photo

 

Sur le papier, ça peut paraître un bon plan.

Comme j’avais entendu parler du fait qu’on pouvait facilement se faire un peu d’argent en mettant ses photos en ventes sur des microstocks, j’ai décidé (bien qu’un peu sceptique) de tenter l’expérience moi-même. Je me suis inscrit sur 4 microstocks différents (les commissions augmentent un peu si on choisit d’être exclusif sur un seul site, mais je voulais essayer différents acteurs du marché). Chacun a un processus d’acceptation qui lui est propre, il faut parfois soumettre un certain nombre de photos pour voir si elles correspondent aux standards du site, parfois il n’y a aucune sélection. Puis j’ai choisi quelques photos qui dormait sur mon disque dur et j’ai commencé à uploader.

  • Toutes les photos ne sont pas acceptées. Il ne faut pas que les photos aient du bruit, il faut qu’elles soient très propres, il y a une résolution minimale. Au niveau des sujets, il faut qu’ils soient bien nets, bien exposés. Le traitement doit être assez neutre. Autant vous dire qu’il ne faut pas soumettre toutes les photos de ses dernières vacances, ça ne sert à rien ! Il faut faire le tri avant. Personnellement mon ratio d’acceptation a été autour de 50%. Il arrive que la cause du refus ne sont pas très claire, mais c’est comme ça !
  • Si votre photo comporte des personnes reconnaissables, vous devez joindre un model release, un document signé par le modèle qui vous donne les droits d’utiliser cette photo.
  • Il faut titrer et taguer toutes ses photos. C’est un processus très long et rébarbatif, même si je sais qu’il existe des méthodes pour améliorer son workflow si on décide de se mettre à uploader en masse (upload par FTP, logiciel pour tagguer, etc.).

Un fois les photos uploadées, vous n’avez plus qu’à attendre qu’elles se vendent ! Plutôt simple en fait.

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Une photo que j’ai vendue plusieurs fois sur des microstocks

 

Pour faire ma petite expérience, je me suis inscrit sur 4 sites de microstocks :

https://www.shutterstock.com/fr/

http://www.istockphoto.com/fr

https://fr.dreamstime.com/

https://fr.fotolia.com/

Je ne vais pas faire un comparatif de ces sites entre eux, ils ont tous des avantages et des inconvénients et vous trouverez facilement plus d’info sur Google.

J’ai soumis une trentaines de photos, dont à peu près la moitié ont été acceptées. Au bout de quelques semaines, j’ai eu quelques ventes, mais rien de significatif. J’ai rapidement décidé de ne pas continuer, parce que j’avais la réponse que j’étais venu chercher : Ça ne vaut pas le coup !

 

Je sais que beaucoup ne seront pas d’accord avec ça, mais je m’appuie sur deux principales réflexions :

  1. Le salaire horaire est trop bas. Le temps passé à préparer les photos est conséquent. Entre la prise (ou la sélection des photos), la retouche pour correspondre aux critères, l’écriture et l’enregistrement des titres et des mots clefs (vraiment très chronophage, et surtout très chiant !) et l’upload, on se retrouve vite à y passer des soirées pour un résultat vraiment pas à la hauteur en terme de rémunération. J’ai bien conscience qu’il est possible d’automatiser ce process en grande partie (presets sur Lightroom, générateur de mot clefs, serveur FTP pour l’upload, etc.), mais j’ai toujours le sentiment que la majorité du temps n’est pas passée à prendre des photos mais à faire tout un tas de tâches ingrates pour les mettre en vente. Je trouve que mon temps vaut mieux que ça 😉

 

  1. Il faut vraiment uploader beaucoup pour espérer gagner de l’argent (je ne parle même pas d’en vivre, mais juste d’un revenu complémentaire régulier). Ceux qui en vivent ont des portfolios qui comportent des dizaines, voire des centaines de milliers d’images. Ça veut dire qu’il faut vraiment prendre des photos pendant des années uniquement pour ça ! Et pas des photos qui me font plaisir, des photos destinées aux microstocks et donc (selon mes critères) sans grand intérêt. C’est à dire des photos parfaites, sans âme. Ça ne m’intéresse pas.

 

J’ai donc assez rapidement fait mon choix, vendre des photos sur des sites de microstock n’est pas pour moi. Ça veut pas dire que cela n’est pas pour vous, je vous laisse faire votre choix par vous-même 🙂 Votre style est peut-être plus adapté à la photo de microstock, vous êtes peut être très rapide pour trouver des mots clefs, que sais-je ! Le mieux est encore d’être un bon sceptique et d’aller essayer vous-même si vous voulez vous faire votre propre idée.

En attendant, je voulais réagir a quelques phrases que j’entends et lis souvent à propos des microstocks…

 

Vrai ou faux ?

 

On peut vendre des photos qui traînent sur notre disque dur. PLUTÔT FAUX

C’est un mensonge, ou plutôt une manière un peu hypocrite enjoliver la réalité. En pratique, les photos qui sont acceptées sur les microstocks correspondent à des critères précis : image très propre, composition simple, traitement très neutre, etc. Ce qui fait que sur les milliers d’images qui dorment sur votre disque dur, seules quelques-unes finiront réellement par être proposées à la vente. A moins d’avoir déjà un style déja très aseptisé, ce qui n’est pas mon cas.

 

On est sûr de vendre. VRAI

Même avec le très petit nombre d’images que j’ai mis en vente j’ai tout de même fait quelques ventes. Cela dit méfiez-vous quand vous voyez quelqu’un qui affirme avoir vendu 2000 fois une photo quelconque. Soit il a écrit ça en 2007 (et le marché a énormément évolué depuis), soit il bluffe 😉

Donc oui, on est sûr de vendre et c’est vrai que ça fait du bien à l’ego. Ma photo la plus vendue est la photo d’un CRS prise dans la rue à Dijon pendant une manifestation il y a 1 an.

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C’est un revenu passif. VRAI ET FAUX

Il est vrai qu’une fois les photos uploadées, il ne vous reste plus qu’à attendre, vous pouvez donc considérer que c’est un revenu passif. Mais les plateformes de microstocks sont de plus en plus compétitives, et il n’est pas facile pour votre portfolio d’y avoir la visibilité qu’il mérite. Cette visibilité est définie par un algorithme qui prend en compte à la fois le nombre de vos ventes, votre nombre de vues et votre nombre de nouveaux fichiers. C’est normal, les plateformes cherchent à rendre plus visibles les photographes qui leur rapportent le plus d’argent. Mais dans les faits, cela veut dire que si vous vous arrêtez d’uploader régulièrement, vos ventes vont plonger très significativement.

En préparant cet article, en plus de mon expérience personnelle j’ai pas mal échangé sur des forums sur le sujet. Une photographe qui vit de la photo de microstock (oui ça existe quand même) m’a confié qu’elle avait dû arrêter d’uploader pendant 3 mois pour des raisons de santé et que ses ventes avaient chutées de 40%, toutes plateformes confondues…

 

Ça tue le métier de photographe. PLUS FAUX QUE VRAI

Je pense de toute façon que ce genre de réflexions n’a pas lieu d’être. Le métier de photographe ne meurt pas, il évolue. Les microstocks permettent effectivement à des entreprises de payer très peu cher des images pour leurs besoins en communication, et ça retire du boulot à certains photographes. Mais je pense que c’est aux photographes en question de se bouger et de trouver de nouvelles manières de gagner leur vie. Le monde bouge et il ne sert pas à grand-chose de rester assis à se plaindre. Mieux vaut réfléchir et innover !

 

C’est facile et rapide. FAUX

J’ai déjà tout dit là-dessus. Ce n’est ni facile ni rapide !

 

On a aucun contrôle de l’utilisation des images. VRAI

Quand on fait une vente, on reçoit juste un petit mail pour dire que la photo est vendue et c’est tout. Regardez la photo ci dessous que j’ai également vendu plusieurs fois, c’est une autre photo de CRS prise le même jour, je n’ai aucune idée de qui l’a achetée ni pourquoi. Il peut s’agir d’un journal cherchant à illustrer un article, ou d’un site Néo-nazi qui veut illustrer des propos ultra sécuritaire… Je n’ai aucun moyen de le savoir, et surtout aucun contrôle dessus. Une fois que la photo est vendue, il est trop tard. Ce n’est pas dramatique parce qu’il ne s’agit pas d’une photo dont je suis fier ou qui présente un grand intérêt. Mais il est bon de réfléchir à cela avant de vendre.

 

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Pour conclure

Vendre sur des microstock peut être sympa et motivant si on veut se prouver que nos photos ont de la valeur, mais c’est tout ! A moins d’en faire beaucoup (mais alors vraiment beaucoup, à savoir y consacrer plusieurs heures par jour), il est vraiment difficile de vraiment gagner de l’argent. On va dire qu’il est très possible de gagner de quoi se faire un restau de temps en temps, mais on ne paiera pas beaucoup de factures avec la vente de photos sur des microstocks.

 

Et vous, vous avez des expériences avec les microstock ? Ca a marché pour vous ? Dites le moi en commentaire !

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6 commentaires

  1. Très bon article qui résume parfaitement le principe.
    Il y a Adobe Stock où c’est un poil plus rapide car il suggère automatiquement 25 mots clés. Si on s’en contente ça accélère le processus.

    Content d’avoir vu des photos prisent dans ma ville 😁

  2. Un bon article, merci.
    J’ai l’intention de démarrer des ventes sur des microstocks juste pour un petit revenu complémentaire, comme dit en-dessus. Je trouve que c’est une bonne initiative pour un amateur passionné en photographie pour en tirer quelques sous et en faire un début pour un vrai métier plus tard. 🙂

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